TRAINING (2.5.1)

La SCNAT et son réseau s'engagent pour une société et une science durables. Ils soutiennent la politique, l'administration et les entreprises avec des connaissances spécialisées et entretiennent un dialogue avec le public. Ils renforcent les échanges entre disciplines scientifiques et promeuvent les jeunes universitaires.

Image : Sebastian, stock.adobe.com

La fonte des glaciers n’en finit pas

En 2025, la Suisse a de nouveau observé une fonte considérable de ses glaciers. L’hiver avare en neige et les vagues de chaleur des mois de juin et août ont entraîné une perte de 3% du volume des glaciers, soit le quatrième plus fort recul depuis le début des mesures. D’après le réseau des relevés glaciologiques suisse (GLAMOS) et la Commission Suisse pour l’observation de la Cryosphère (CSC) de l’Académie suisse des sciences naturelles, la masse de glace a diminué d’un quart au cours des dix dernières années.

Glacier de la Plaine Morte BE.
Glacier de la Plaine Morte BE.
Glacier de la Plaine Morte BE.Image : Matthias Huss
Image : Matthias Huss

L'Année internationale de la préservation des glaciers proclamée par l’ONU n’a pas empêché un nou­vel épisode de fonte massive des glaciers suisses. Après un hiver avare en neige et les vagues de chaleur de juin 2025, l‘état des glaciers s‘est approché du record de fonte de 2022. Durant la pre­mière quinzaine de juillet, la réserve de neige constituée durant l'hiver avait déjà disparu et la masse de glace a commencé à fondre aussi tôt que rarement auparavant. Le rafraîchissement des températures en juillet a laissé un peu de répit et a permis d’éviter le pire. Malgré cela, les glaciers suisses ont perdu 3% de leur volume, soit la quatrième plus forte diminution après les années 2022, 2023 et 2003. 2025 s’inscrit ainsi dans la décennie affichant la perte de glace la plus rapide : depuis 2015, les glaciers suisses ont perdu un quart de leur volume. Plus de 1000 petits glaciers ont d’ores et déjà disparu.

Les glaciers situés en dessous de 3000 m d’altitude sont les plus touchés. La neige tombée durant l’hiver a disparu, y compris sur les sommets. À cause de cela, l’épaisseur des glaciers du Clariden (GL), de la Plaine Morte (BE) ou du Silvretta (GR), par exemple, a diminué en moyenne de deux mètres. Avec un peu moins d’un mètre, la diminution est un peu moindre pour les glaciers situés dans le sud du Valais, comme le glacier de l’Allalin ou le glacier de Findel.

Trop peu de neige en hiver

Durant l’hiver 2024/2025, la combinaison de faibles précipitations et du troisième semestre hiver­nal le plus chaud depuis le début des mesures s’est traduite par la chute de très faibles quantités de neige. Dans certaines régions du nord et du centre des Grisons, par exemple, il n’y a jamais eu aussi peu de neige fraîche. Fin avril, il y avait environ 13% de neige en moins sur les glaciers que durant la période 2010–2020. Le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré a entraîné la fonte rapide des neiges jusqu’aux plus hautes altitudes. Après un mois de juillet relativement frais et humide, le mois d’août s’est accompagné d’une vague de chaleur, avec un isotherme du zéro degré passant parfois au-dessus de 5000 mètres. La combinaison de ces conditions météo­rolo­giques a eu pour résultat un été plus chaud que la moyenne. Plusieurs fronts froids ont sau­poudré de la neige fraîche au-dessus de 2500 m d’altitude pendant quelques jours entre juillet et septembre, mais cette neige n’a tenu qu’en haute montagne.

« Le recul progressif des glaciers déstabilise la montagne, ce qui peut entraîner des événements comme l’effondrement de pans de falaise et de glace. C'est ce qui a provoqué la destruction du village de Blatten en mai dernier », explique Matthias Huss, directeur de GLAMOS.


La Commission Suisse pour l’observation de la Cryosphère (CSC) de l’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) documente les modifications de la cryosphère alpine. Elle coordonne les réseaux suisses de suivi à long terme de la neige, des glaciers (GLAMOS) et du permafrost (PERMOS). Sont représentées au sein de la CSC les institutions qui gèrent ces réseaux nationaux de suivi (Institut fédéral de recherches WSL, Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF, MétéoSuisse, EPF Zurich, Universités de Zurich, Fribourg et Lausanne, ainsi que la Haute école spécialisée de Suisse méridionale) ou qui contribuent financièrement à leur pérennisation (Office fédéral de l’environnement OFEV, Office fédéral de météorologie et de climatologie MétéoSuisse dans le cadre du GCOS Suisse, SCNAT et Office fédéral de topographie swisstopo).

  • Hauteur de la perte de glace entre 2022 et 2025 à la place de la Concordia, Grand Glacier d’Aletsch (VS), comparée à la moyenne des mesures entre 1953 et 1983.
  • Le Claridenfirn (GL) était complètement dépourvu de neige en septembre 2025.
  • Des glaciologues sur le Grand Glacier d’Aletsch (VS). Cette année, de la neige de l’hiver est restée dans la partie supérieure du glacier. Mais la langue située à l’ombre a, une fois de plus, fortement fondu.
  • Forage d’une jauge pour déterminer le bilan de masse sur le Glatscher da Medel (GR)
  • Mise en place d’une jauge pour déterminer le bilan de masse dans la partie supérieure du Glatscher da Medel (GR).
  • Dans le sud du Valais, comme ici au Findelgletscher près de Zermatt, la neige hivernale est restée au-dessus d’environ 3300 m d’altitude, ce qui a permis aux glaciers d’altitude de former encore un peu de nouvelle glace.
  • Le glacier de Gries (VS) a de nouveau beaucoup souffert en 2025. La langue glaciaire s’effondre sur elle-même.
  • Recul du glacier de Gries (VS) entre 1919 et 2025.
  • Dès fin juin 2025, les langues glaciaires étaient déjà sans neige en de nombreux endroits, comme ici au Vadret da Morteratsch (GR), et la fonte des glaces a commencé exceptionnellement tôt.
  • L’ancien glacier de la Diavolezza (GR) a totalement disparu il y a environ 15 ans, mais c’est désormais le seul « glacier » suisse qui se maintient pour le ski uniquement grâce au snow farming et à la couverture, sous une forme artificielle.
  • La langue déchirée et boursouflée du glacier de Birch (VS), quelques mois avant l’avalanche de roches et de glace qui a enseveli Blatten.
  • Le désert rocheux au-dessus de Scuol (GR) en Basse-Engadine était encore presque entièrement recouvert de glaciers il y a 100 ans. Le Vadret da Rims est le plus grand glacier de Suisse déjà complètement disparu.
  • Le lac devant le glacier du Rhône (VS) croît rapidement à cause du recul.
  • Disparition du glacier de Pizol (SG) entre 2006 et 2025.
  • Hauteur de la perte de glace entre 2022 et 2025 à la place de la Concordia, Grand Glacier d’Aletsch (VS), comparée à la moyenne des mesures entre 1953 et 1983.Image : M. Huss1/14
  • Le Claridenfirn (GL) était complètement dépourvu de neige en septembre 2025.Image : M. Huss2/14
  • Des glaciologues sur le Grand Glacier d’Aletsch (VS). Cette année, de la neige de l’hiver est restée dans la partie supérieure du glacier. Mais la langue située à l’ombre a, une fois de plus, fortement fondu.Image : R. Mose3/14
  • Forage d’une jauge pour déterminer le bilan de masse sur le Glatscher da Medel (GR)Image : L. Hösli4/14
  • Mise en place d’une jauge pour déterminer le bilan de masse dans la partie supérieure du Glatscher da Medel (GR).Image : L. Hösli5/14
  • Dans le sud du Valais, comme ici au Findelgletscher près de Zermatt, la neige hivernale est restée au-dessus d’environ 3300 m d’altitude, ce qui a permis aux glaciers d’altitude de former encore un peu de nouvelle glace.Image : M. Huss6/14
  • Le glacier de Gries (VS) a de nouveau beaucoup souffert en 2025. La langue glaciaire s’effondre sur elle-même.Image : M. Huss7/14
  • Recul du glacier de Gries (VS) entre 1919 et 2025.Image : swisstopo / VAW-ETH Zürich8/14
  • Dès fin juin 2025, les langues glaciaires étaient déjà sans neige en de nombreux endroits, comme ici au Vadret da Morteratsch (GR), et la fonte des glaces a commencé exceptionnellement tôt.Image : M. Huss9/14
  • L’ancien glacier de la Diavolezza (GR) a totalement disparu il y a environ 15 ans, mais c’est désormais le seul « glacier » suisse qui se maintient pour le ski uniquement grâce au snow farming et à la couverture, sous une forme artificielle.Image : A. Linsbauer10/14
  • La langue déchirée et boursouflée du glacier de Birch (VS), quelques mois avant l’avalanche de roches et de glace qui a enseveli Blatten.Image : L. Hösli11/14
  • Le désert rocheux au-dessus de Scuol (GR) en Basse-Engadine était encore presque entièrement recouvert de glaciers il y a 100 ans. Le Vadret da Rims est le plus grand glacier de Suisse déjà complètement disparu.Image : M. Russ12/14
  • Le lac devant le glacier du Rhône (VS) croît rapidement à cause du recul.Image : M. Huss13/14
  • Disparition du glacier de Pizol (SG) entre 2006 et 2025.Image : M. Huss14/14
  • Hauteur de la perte de glace entre 2022 et 2025 à la place de la Concordia, Grand Glacier d’Aletsch (VS), comparée à la moyenne des mesures entre 1953 et 1983.
  • Le Claridenfirn (GL) était complètement dépourvu de neige en septembre 2025.
  • Des glaciologues sur le Grand Glacier d’Aletsch (VS). Cette année, de la neige de l’hiver est restée dans la partie supérieure du glacier. Mais la langue située à l’ombre a, une fois de plus, fortement fondu.
  • Forage d’une jauge pour déterminer le bilan de masse sur le Glatscher da Medel (GR)
  • Mise en place d’une jauge pour déterminer le bilan de masse dans la partie supérieure du Glatscher da Medel (GR).
  • Dans le sud du Valais, comme ici au Findelgletscher près de Zermatt, la neige hivernale est restée au-dessus d’environ 3300 m d’altitude, ce qui a permis aux glaciers d’altitude de former encore un peu de nouvelle glace.
  • Le glacier de Gries (VS) a de nouveau beaucoup souffert en 2025. La langue glaciaire s’effondre sur elle-même.
  • Recul du glacier de Gries (VS) entre 1919 et 2025.
  • Dès fin juin 2025, les langues glaciaires étaient déjà sans neige en de nombreux endroits, comme ici au Vadret da Morteratsch (GR), et la fonte des glaces a commencé exceptionnellement tôt.
  • L’ancien glacier de la Diavolezza (GR) a totalement disparu il y a environ 15 ans, mais c’est désormais le seul « glacier » suisse qui se maintient pour le ski uniquement grâce au snow farming et à la couverture, sous une forme artificielle.
  • La langue déchirée et boursouflée du glacier de Birch (VS), quelques mois avant l’avalanche de roches et de glace qui a enseveli Blatten.
  • Le désert rocheux au-dessus de Scuol (GR) en Basse-Engadine était encore presque entièrement recouvert de glaciers il y a 100 ans. Le Vadret da Rims est le plus grand glacier de Suisse déjà complètement disparu.
  • Le lac devant le glacier du Rhône (VS) croît rapidement à cause du recul.
  • Disparition du glacier de Pizol (SG) entre 2006 et 2025.
Hauteur de la perte de glace entre 2022 et 2025 à la place de la Concordia, Grand Glacier d’Aletsch (VS), comparée à la moyenne des mesures entre 1953 et 1983.Image : M. Huss1/14

Catégories

  • Glaciers

Contact

Dr. Matthias Huss
ETH Zürich
Dept. of Civil, Environmental and Geomatic Engineering (D-BAUG)
Versuchsanstalt für Wasser, Hydrologie und Glaziologie (VAW)
Hönggerbergring 26
8093 Zürich